Que peut-on apprendre des réseaux ?

Chaque professionnel se doit d’avoir un réseau à la hauteur de son poste. Il s’agit là d’une injonction, d’un impératif au devoir d’employabilité. Pour être en société, un professionnel se doit d’être en réseau. « Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirais qui tu es », et bien souvent d’ailleurs cela se transforme en « dis-moi combien de personnes tu fréquentes, je te dirais combien tu vaux ». Pourquoi la formation est-elle atteinte de réseaux sociaux aigus avec le fameux social learning ?

Le social learning est souvent présenté comme l’avenir de la formation ou au moins l’avenir du e-learning. Les communautés apprenantes commencent à se structurer dans les entreprises. Mais de quoi parle-t-on ? Lorsque l’on étudie ce qui se dit et ce qui se passe dans les réseaux sociaux d’entreprises, on peut dégager 3 stratégies différentes. Bien évidemment, puisqu’il s’agit de formation on se doit de reconnaitre que ce triptyque est pédagogique et que la réalité est dans le mixte. Mais les 3 tendances sont là. De quoi s’agit-il ?

Le bridging, le bonding, le clash. Sans que cela représente une hiérarchisation particulière. Le bridging signifie faire réseau, constituer le regroupement de la communauté. Il s’agit d’un travail de prospection, le net parle souvent de syndication, attirer les prospects qui pourraient être intéressés. Cette stratégie est aujourd’hui majoritaire parce que les réseaux professionnels sont globalement en phase de constitution. La 2ème stratégie, le bonding, signifie cultiver son réseau autrement dit renforcer les liens entre les membres déjà présents. En terme marketing on parle de fidélisation une fois que le chaland est venu voir, comment faire en sorte qu’il y reste ? Enfin la stratégie du clash repose sur la confrontation d’idées, la gestion des conflits, soit faire en sorte que les membres soit partie prenante du conflit, soit comme observateur du conflit des autres. Le conflit conduit à la lutte avec comme traditionnellement des stratégies de combat. Dans cette logique de combat ou de débat, l’observateur peut tout à fait écouter un discours non pas tant pour le discours lui-même que pour la prestation sociale de l’argumentaire. Un bon jeu de mots, une bonne phrase permet, même chez les adversaires, d’amener le respect. Comme quoi l’analyse du discours avec ces trois stratégies nécessite de se pencher davantage sur le contenu de la relation que sur sa quantification.

L’économie discursive, qui trouve son origine avec les sophistes, permet de développer un argumentaire raisonné, mais aujourd’hui cette rhétorique a été enrichie par Marcel Mauss qui propose de brasser au bon moment le bon symbole pour que les mots raisonnent au-delà de leur sens. En entreprise, le travail des réseaux sociaux, espace de communication, devient celui de faire sens. Le discours doit raisonner pour que la stratégie soit incarnée. Et quelles que soient les stratégies discursives, le gros avantage des réseaux sociaux est de réagir en temps réel. Il s’agit de construire le discours en temps réel pour garder sa résonnance, créer des points chauds où les réponses fusent, et on le sait le mouvement créer la chaleur. L’entreprise se doit de créer ces territoires de vie et la formation se nourrit de la même dynamique, il s’agit des discours fossilisés pour créer un nouvelle grammaire de la pédagogie et de l’apprendre. Les réseaux sociaux deviennent un laboratoire formatif pour l’entreprise… voilà qui devrait faire encore du buzz…

Stéphane DIEBOLD, TEMNA

Paris, le 04 juin 2012 publié par Formaguide

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