Une nouvelle pédagogie pour les jeunes ? Episode V (sur VIII)

Le cross canal.

Le cross canal suppose plusieurs canaux. Et notre environnement est multi-écrans, multicanal. Les apprenants ont donc le choix. Ne s’agit-il pas au fond d’ajuster la pédagogie à son environnement ? Le multicanal a plusieurs appellations dont les plus courantes sont le blended learning ou le mix learning, autrement dit le mélange de plusieurs canaux. Cette possibilité permet de nouvelles pratiques pédagogique comme le zapping. L’apprenant devient homo zappiens avec toutes les questions qui accompagnent légitimement les nouveaux usages. Avec le multicanal, il ne s’agit pas tant de renier le présentiel que de lui donner une place parmi tant d’autres. Et plus précisément lorsque l’on parle de place parmi d’autres, on devrait dire de place privilégiére puisque le présentiel aujourd’hui est le meilleur outil pour créer un groupe, pour constituer la structuration affective autour d’un apprentissage.

Avec le multicanal, on ouvre la voie à des supports nouveaux. Sans être exhaustif, on peut penser au M Learning (M pour mobile) qui utilise les Smartphones, les tablettes ou tous les outils nomades pour favoriser l’apprentissage quel que soit le lieu et quel que soit le moment. L’apprentissage prend une dimension d’instantanéité. Le M Learning permet des usages nouveaux comme par exemple, le Byod, Bring your own device, où l’apprenant utilise son propre matériel qui est souvent nettement plus performant que celui proposé par l’entreprise pour apprendre dans un univers numérique qu’il connait. Le cabinet Gartner pronostique la généralisation du Byod d’ici à 2 ou 3 ans. Que penser alors de la frontière vie privée vie professionnelle, surtout quand l’INSEE nous informe qu’1 cadre sur 2 travaille déjà de 20 à 24 heures, souvent chez lui ? L’ingénierie réinterroge les frontières sociales de l’entreprise pour prendre position sur des opportunités éventuelles.

Penser la formation en termes de canal, c’est penser la formation comme un média, le media learning. Quel est le bon média pour apprendre ? L’Internet, la webTV, la webradio, le gaming, le social media ou d’autres supports, il s’agit de faire un choix le plus pertinent et de faire en sorte qu’il y ai au moins une cohérence multicanale. Mieux, cette cohérence prend forme dans ce qu’Orange appelle le cross média, un média qui appelle le suivant, « si vous voulez en en savoir plus… allez sur Facebook, où une causerie sera organisée de telle heure à telle heure ». L’écriture pédagogique nécessite de proposer un univers formatif particulier que l’on retrouve sur l’ensemble des supports, en tenant compte des usages des apprenants. Cela réinterroge fortement la frontière entre formation et information, non pas dans une concurrence mais dans une cohérence. Comme pour les médias un travail pour rendre le contenu plus attractif, capter le temps de cerveau disponible pour apprendre devient indispensable pour rester efficace, peut-être un nouvel indicateur de performance dans l’audience de la formation, mais sans entrer dans la dictature de l’audience… Les problématiques ne sont pas si éloigner, si l’on crée un serious game, quel intérêt si personne ne l’utilise ?

Stéphane DIEBOLD, TEMNA

Paris, mardi 27 mars 2012, publié par Studyrama-Vocatis

 

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