J’y pense et puis j’oublie ?
L’interface homme-machine a pris une nouvelle dimension avec le fait que la machine est capable de prendre ses ordres à la source, directement connectée au cerveau, sans souris ni clavier, et ceci dès 2009. On imagine aisément les usages qui peuvent en être faits : de façon classique, cette nouvelle interface aiderait des personnes en situation de handicap, ce qui légitimerait l’outil pour ensuite développer les capacités de l’homme et en faire ainsi un nouvel surhomme. La transhumanité est à notre porte ou à notre portée. Qu’est-ce que cela veut dire ?
Dans un premier temps, il s’agit pour le sujet de porter un casque composé de capteurs qui mesurent l’activité cérébrale du cerveau. Pour ce faire, il utilise un électroencéphalogramme, appelé aussi EEG, pour visualiser sous forme de courbes les micros courant électrique générés par l’ensemble neurones du cerveau. Ces données brutes nécessitent de supprimer toutes les activités périphériques. Par exemple, le clignement des yeux provoque des champs électromagnétiques qui empêchent de détecter l’activité cérébrale mentale. Ce lissage permet de se donner une meilleure visibilité pour ensuite d’étalonner l’activité cérébrale. Le sujet reste immobile pour que la machine puisse calculer son état en situation d’inactivité relative, en effet, on ne saurait imaginer une inactivité réelle puisque le cerveau fonctionne toujours. Ce calibrage dépend bien évidemment de chaque individu. Enfin, il ne reste plus qu’à tester et penser pour déplacer le curseur sur l’ordinateur. Tout ce protocole devrait d’ailleurs disparaitre avec Robik et son EEG léger en 2012. L’interface est là.
Que peut-on dire de cette nouvelle solution ? Tout d’abord que cela n’est pas aussi évident que ça. Robik devrait permettre de saisir 500 lettres en 20 minutes car les capteurs ne sont pas aussi efficaces pour détecter les mouvements. Il y a un double travail d’apprentissage, de la machine qui devient intelligente et de l’homme qui apprend à se concentrer. Il est fort à parier que les marges de progrès seront plus fortes de part la machine qui apprendra avec l’usage à détecter de plus en plus rapidement et finement les traces électriques de notre cerveau.
Imaginons ce que cela peut générer. Dès que je pense à une nouvelle idée, je peux dans la foulée envoyer le mail qui correspond et effectivement l’homme est en juste à temps, puisque l’homme a juste le temps d’avoir l’idée pour que l’interface nous permette la réalisation. Mais allons plus loin, si l’interface devient de plus en plus fine pourquoi ne pas envisager de capter la pensée avant qu’elle émerge ? En effet la pensée est un ramassis d’ondes électriques que certaines zones du cerveau agrègent pour lui donner forme et cohérence. On pourrait imaginer une machine qui détecte les embryons de pensée ou la protopensée, avant même qu’elle soit constitutive de la pensée. La machine pourrait alors penser à notre place… voilà encore un travail qui nous sera épargné de faire.
Mais si la pensée n’est plus de notre seul fait, ou que nous prenons l’habitude de partager sa coproduction avec la machine, il est fort à parier qu’une relative paresse s’empare de son fonctionnement, un peu comme un muscle qui n’aurait plus de raison de s’entraîner. Or la pensée est dans la philosophie occidentale constitutive de la nature de l’homme non seulement l’homme serait dénaturé mais la machine s’en trouverait d’autant humanisée. Voilà qui laisse à penser…
Stéphane DIEBOLD, TEMNA
Paris, le 07 février 2012
L’interface homme-machine a pris une nouvelle dimension avec le fait que la machine est capable de prendre ses ordres à la source, directement connectée au cerveau, sans souris ni clavier, et ceci dès 2009. On imagine aisément les usages qui peuvent en être faits : de façon classique, cette nouvelle interface aiderait des personnes en situation de handicap, ce qui légitimerait l’outil pour ensuite développer les capacités de l’homme et en faire ainsi un nouvel surhomme. La transhumanité est à notre porte ou à notre portée. Qu’est-ce que cela veut dire ?
Dans un premier temps, il s’agit pour le sujet de porter un casque composé de capteurs qui mesurent l’activité cérébrale du cerveau. Pour ce faire, il utilise un électroencéphalogramme, appelé aussi EEG, pour visualiser sous forme de courbes les micros courant électrique générés par l’ensemble neurones du cerveau. Ces données brutes nécessitent de supprimer toutes les activités périphériques. Par exemple, le clignement des yeux provoque des champs électromagnétiques qui empêchent de détecter l’activité cérébrale mentale. Ce lissage permet de se donner une meilleure visibilité pour ensuite d’étalonner l’activité cérébrale. Le sujet reste immobile pour que la machine puisse calculer son état en situation d’inactivité relative, en effet, on ne saurait imaginer une inactivité réelle puisque le cerveau fonctionne toujours. Ce calibrage dépend bien évidemment de chaque individu. Enfin, il ne reste plus qu’à tester et penser pour déplacer le curseur sur l’ordinateur. Tout ce protocole devrait d’ailleurs disparaitre avec Robik et son EEG léger en 2012. L’interface est là.
Que peut-on dire de cette nouvelle solution ? Tout d’abord que cela n’est pas aussi évident que ça. Robik devrait permettre de saisir 500 lettres en 20 minutes car les capteurs ne sont pas aussi efficaces pour détecter les mouvements. Il y a un double travail d’apprentissage, de la machine qui devient intelligente et de l’homme qui apprend à se concentrer. Il est fort à parier que les marges de progrès seront plus fortes de part la machine qui apprendra avec l’usage à détecter de plus en plus rapidement et finement les traces électriques de notre cerveau.
Imaginons ce que cela peut générer. Dès que je pense à une nouvelle idée, je peux dans la foulée envoyer le mail qui correspond et effectivement l’homme est en juste à temps, puisque l’homme a juste le temps d’avoir l’idée pour que l’interface nous permette la réalisation. Mais allons plus loin, si l’interface devient de plus en plus fine pourquoi ne pas envisager de capter la pensée avant qu’elle émerge ? En effet la pensée est un ramassis d’ondes électriques que certaines zones du cerveau agrègent pour lui donner forme et cohérence. On pourrait imaginer une machine qui détecte les embryons de pensée ou la protopensée, avant même qu’elle soit constitutive de la pensée. La machine pourrait alors penser à notre place… voilà encore un travail qui nous sera épargné de faire.
Mais si la pensée n’est plus de notre seul fait, ou que nous prenons l’habitude de partager sa coproduction avec la machine, il est fort à parier qu’une relative paresse s’empare de son fonctionnement, un peu comme un muscle qui n’aurait plus de raison de s’entraîner. Or la pensée est dans la philosophie occidentale constitutive de la nature de l’homme non seulement l’homme serait dénaturé mais la machine s’en trouverait d’autant humanisée. Voilà qui laisse à penser…
Stéphane DIEBOLD, TEMNA
Paris, le 07 février 2012



